Bulletin n°8

poing-americain-jpg.gifIl est bon ton de nos jours de voir sur les réseaux sociaux dans les milieux politiques une mise en avant de la violence. Elle s'expriment souvent en réaction à l'actualité sous fond de montée de l'extrême droite. Nous assistons à la banalisation et une surenchère virtuelle de la violence crue comme réponse à une autre banalisation celle de la violence fasciste bien réelle. Facebook à cette fâcheuse tendance a être un défouloirs à base de testostérone, hormones que le milieu militant d'extrême gauche à l'air d'affectionner, sans différence de sexe.

Les appels à la violence contre les fascistes dans le trip batte de base-ball, poing américain et autres délires est devenue courant sans avoir malheuresement aucune portée dans la vie réelle. Les fascistes prennent de plus en plus de poids, s'organisent se rassemblent alors que le mouvement révolutionnaire est en pleine déliquescence. Ce type de posture pose une question intéressante : quelle doit être le rapport d'un révolutionnaire à la violence ? Le révolutionnaire est-il violent ?

Intrinsèquement non, mais il le devient par la force des choses en réponse à une autre violence bien plus grande et féroce. Notre société est de nature mortifère, elle emprisonne le vivant en mettant la machine et la marchandise au dessus de l'humain, pour détruire cette négation de notre humanité il nous faut détruire le capitalisme. Mais notre violence révolutionnaire doit porte en elle une éthique et ne doit pas être banalisée. A l'heure où les forces fascistes et le capitalisme tente de créer un climat de violence raciste du peuple contre le peuple, à l'heure où la civilisation coule, nous communistes nous devons être les hérauts d'une éthique, de valeurs fortes, d'un projet positif.

Ce sont les masses qui font l'histoire, et ce seront elles seules qui jugeront comment punir les exploiteurs et leurs chiens de gardes. Ce sont elles qui exerceront la violence révolutionnaire au 203112-une-femen-a-manifeste-dans-la-diapo-2.jpgmoment opportun, mais pour en arriver là il nous reste beaucoup de chemin. Banaliser la violence pure et gratuite alors que chaque jour les classes exploitées subissent à différent niveau une violence matérielle, morale sans nom ne risque pas de gagner à nous des camarades.

Nous avons eut récemment le suicide d'un historique de l'extrême droite en la personne de Dominique Venner. A première vue nous pouvons nous réjouir qu'une telle canaille disparaisse, sauf qu'en y regardent de plus prêt Venner accomplit un acte d'une portée politique et symbolique forte. Venner choisit le suicide comme forme de contrôle de son départ et lui donne une théâtralité le faisant rentrer dans l'Histoire. Le choix de Notre-Dame, le moment de montée du fascisme avec le printemps français ne doit pas nous laisser dans l'indifférence. Un tel acte dans une époque d'égarement idéologique, d'individualisme triomphant est bien plus puissant qu'il ne pourrait y paraître. Et comme son exact contraire nous avons l'action spectaculaire d'une Femen nue mimant un suicide. Pour le coup c'est bien la société actuelle qui rejaillit dans cette action : corps de la femme comme panneau de publicité, volonté de choquer pour vendre le produit etc. Nous sommes dans le quasi domaine de la pornographie. Cette mascarade tend à donner raison à Venner et à tous ces acolytes.

Le mouvement révolutionnaire n'a donc t'il pas autre chose à proposer??

Au même moment l'Hexagone revient au devant de la scène politique européenne, mais plus comme un phare progressiste mais comme l'avant garde du mouvement fasciste. Les Anglais de English defense Ligue demandent leur printemps français.Il faut dire que la dernière manifestation contre le mariage pour tous fut une belle leçon, pour nous révolutionnaire. L'extrême droite traditionnelle, mais pas que, était présente et bien là. Préparée, déterminée, organisée elle a montrée ses capacités de combat de rue et de massification du mouvement. La bourgeoisie fasciste sent son moment revenir, la mouvance d'extrême droite se retrouve unie, royaliste, avec laïque, Ultra catholique, avec pétainiste, les alliances sont diverses et variées mais assurément efficace, cimentée par une même haine du système. Gabriac, Vardon, Ayoub et autres sont des cadres pour l'instant avec peu de troupe mais l'évolution actuelle ne laisse rien présager de bon pour l'avenir. Charge et contre-charge contre la flicaille, conviction pour aller chercher leurs camarades dans les mains mêmes de la BAC, sont quelques exemples de la vitalité fasciste. Marseillaise et tricolore comme symbole unificateur donne une cohérence au tout qu'il n'existe plus dans le mouvement révolutionnaire. Soral, le nationaliste tricolore présentait récemment une conférence avec l'Action Royale, ces rapprochement vont se multiplier alors qu'en face...

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Notre camp est en recomposition accélérée, la crise vient définitivement enlever les derniers espoirs de changement par les urnes pour ce qui y croyaient encore. Dans les années à venir va se découper clairement le camp progressistes entre ceux qui défendent l’État français comme instrument possible de changement, et les autres. Les autres ceux sont ce qui savent que l’État BBR est l'instrument politique et militaire, d'une seule classe : la bourgeoisie monopoliste et impérialiste. Qu'il ne peut être que çà. Que la République française est d'essence réactionnaire dérivant d'une révolution bourgeoise qui aujourd'hui n'a plus rien de progressiste. Ce qui se disent progressistes ou même révolutionnaires mais qui défendent la République, la marseillaise, le tricolore vont tomber dans le camps des réactionnaires si ce n'est déjà le cas. Un article récent vient mettre par exemple en exergue le fond réactionnaire d'un Melenchon, défense de la Patrie, des néo-colonies, de l'éradication des langues minorisées etc, bref un panel des plus réactionnaires. Mais peut importe car le peuple fera la différence quand il le faudra et cela dépendra bien sur de notre travail.

Notre travail, aujourd'hui est assurément un travail de fourmis, assidu, dans l'ombre, sans gloire, bref le travail de base de tout révolutionnaire dévoué à la cause. Notre travail se situe sur plusieurs champs de luttes, au côté des travailleurs en luttes, en lien avec les luttes dans le monde, dans l'organisation sociale des résistances populaires, dans le combat culturelle pour la langue et culture occitane etc. Et bien entendu dans la lutte contre le fascisme mais qui ne peut réussir qu'en ayant un projet révolutionnaire à avancer dans les masses. Ce travail visible doit être assorti de la construction, bien moins visible, de notre instrument de lutte, le parti communiste révolutionnaire et son front politique. Ce partie ne peut exister que sans une compréhension de l'époque actuelle, une analyse de la situation mondiale, européenne, hexagonale et occitane. Tout un travail d'enquête, de synthèse est à accomplir sans jamais se couper de la lutte concrète sur le terrain mais en évitant l'activisme 'gauchiste' fatiguant et peu concluant. Dans tout cela la violence est un instrument, une nécessité mais elle doit être conditionnée par une stratégie politique et surtout ne pas être un objet de fétichisme. Tout utilisation de la violence à n'importe quelle degré, aujourd'hui, doit être bien pesée, les lois sont là pour sanctionner le mouvement révolutionnaire, ne l'oublions pas. Combattre le fascisme, ce n'est sûrement pas que leur casser la gueule, c'est aussi occuper la rue, les quartiers, créer des liens avec les masses etc. Vaincre le fascisme est une lutte politique et pas seulement militaire.

Cessons donc de faire l'apologie fantasmée de torture contre tels ou tels fascistes (qui serait capable de sodomiser avec une batte de base-ball un humain, comme nous avons pu le voir récemment sur facebook ?)sur les réseaux sociaux et amenons plutôt des solutions concrètes à nos luttes. La stratégie révolutionnaire, la seule, est le chemin de la guerre populaire prolongée, c'est à dire une longue période où nous devrons nous renforcer par différente action avec des degrés de violences plus ou moins hauts jusqu'à pouvoir passer à l'offensive. Donc ne soyons pas presser car aujourd'hui c'est l'état qui a le monopole de la violence et le chemin est encore long pour déjà ré-équilibrer cette situation. La violence sera toujours une nécessité malgré nous.

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