D'où vient le capitalisme???

temps-modernes-22-g.jpgQu'est ce que concrêtement le capitalisme, voilà une bonne question que bien peu maîtrise dans son intégralité. Nous vous offrons aujourd'hui un texte tiré du manifeste du (n)PCI qui explique d'où vient le capitalisme. Nous avons vue récemment la nature de la crise du capitalisme (ici) et maintenant vous en serez un peu plus sur sa nature. Connaître l'ennemie doit être la base de tout engagement politique.


Le capitalisme naît là où le possesseur de moyens de production et de biens de consommation, ou de l'argent avec lequel il peut les acquérir (donc la naissance ducapitalisme implique, présuppose un certain degré de développement de la production mercantile), rencontre l'ouvrier "libre" vendeur de sa force de travail(capacité laborieuse) . Dans le capitalisme, la force de travail assume la forme (le rôle, la fonction) d'une marchandise qui appartient à l'ouvrier : une marchandise qui est vendue (par l'ouvrier) et achetée (par le capitaliste) comme toute autre marchandise. Dans le capitalisme, elle est donc une valeur et a une valeur d'échange : celle-ci s'appelle le salaire. L'activité de l'ouvrier, par conséquent, assume la forme de travail salarié. La valeur d'échange de la force de travail, comme la valeur d'échange de toute marchandise, est déterminé par le temps de travail socialement nécessaire à sa production. Par conséquent, la valeur d'échange de la force de travail est la valeur d'échange des biens de consommation et des services nécessaires pour maintenir l'individu travailleur dans son état présent de vie et de travail, dans le pays donné et dans l'époque donnée, et pour maintenir sa famille : c'est-à-dire, pour assurer la reproduction de la marchandise - force de travail. L'ouvrier vend pour un temps déterminé sa force de travail en échange d’un salaire. Le capitaliste devient propriétaire, pour ce temps, decette marchandise et il la consomme dans son entreprise, dans son usine. La durée du travailde l’ouvrier est supérieure à celle (dite travail nécessaire) nécessaire à l'ouvrier pour produire, dans les marchandises finales, une valeur d'échange égale à celle (le salaire) qu'il reçoit en échange de la force de travail qu'il a vendu. Le capitaliste fait donc produire à l'ouvrier des valeurs d'échange dont il ne paye pas l'équivalent. Il s'approprie une valeur d'échange additionnelle à celle qu'il a anticipée par le salaire. Cette valeur additionnelle est appelée plus-value: elle est le produit du surtravail, le travail que l'ouvrier accomplit en plus du travail nécessaire.


dynamo-gramme.jpgLe capitaliste exploite l'ouvrier et valorise (augmente) son capital. Il en découle que, par sa nature, le capitaliste a intérêt à rallonger la durée globale du temps de travail de ses ouvriers. Mais, par sa nature, il a intérêt également à réduire la durée du temps de travail nécessaire : c'est-à-dire qu’il a intérêt à augmenter la productivité du travail.Cet usage de la force de travail est le processus de production capitaliste de marchandises : un processus de production de biens et services quiest aussi un processus de création de valeur (parce que se déroulant dans le cadre de la production mercantile) et un processus de valorisation du capital ou d'extraction de la plus-value (parce que se déroulant dans le cadre du mode de production capitaliste). Voilà l'essence du mode de production capitaliste, mise en lumière par K. Marx et F. Engels. Ce processus d'exploitation est la cellule à partir de laquelle s'est développée, en l’espace de quelques siècles, toute la société actuelle. Il est la base sur laquelle s'élève tout l'édifice de l'actuelle société bourgeoise. Cette cellule renferme déjà en elle l'antagonisme qui est la source de l'inconciliable lutte de classe entre les ouvriers, privés de tout sauf de leur force de travail, et les capitalistes, propriétaires des moyens de production, des biens de consommation et des conditions générales, matérielles et intellectuelles de la production et, sur cette base, classe dominante et dirigeante de l'entière société. Le mode de production capitaliste est né en Europe à partir du XIe siècle. Des développements de la production mercantile vers le capitalisme avaient aussi eu lieu à des époques précédentes et dans d’autres régions. Mais ils n'avaient pas eu de suite. Ils n'ont donc pas d'importance historique, comme n'en ont pas eu les voyages dans les Amériques avant ceux de 1492.

Au XIe siècle en revanche, dans certaines régions d'Europe, a débuté un processus qui ne s'est plus arrêté. Il s’est au contraire étendu au monde entier, a mené à l'actuelle société mondiale et conditionne encore aujourd'hui l'évolution de toute l'humanité. Par une combinaison de circonstances, dans ces régions d'Europe et à cette époque, la production mercantile avait atteint un développement assez vaste. Dans ce cadre apparut le capitaliste, comme personnification du capital commercial. Il acquérait des marchandises nnon pour son usage personnel, mais pour les vendre.

Il accomplissait cette activité non pas pour en tirer de quoi vivre, mais pour augmenter l’argent en sa possession. Le pas suivant se produisit lorsque le capitaliste,encore commerçant, commença à commander régulièrement la production de marchandises. Par la suite, à partir du XVIe siècle, le capitaliste devint industriel : il se mit à organiser lui même la production. Il prit pour assumer le travail, dans ses locaux (manufactures) et avec ses moyens de production et ses matières premières, des individus qui eux aussi étaient libres de liens de servitude, mais en même temps étaient privés de la possibilité de pourvoir à leur vie d’une autre façon qu'en vendant leur force de travail. A partir de ce moment, le sort du travailleur cessa d'être plus ou moins directement lié à son asservissement au travail, à sa force laborieuse ou aux conditions de l'environnement dans lequel il vit, et se mit à dépendre principalement de la marche des affaires des capitalistes et de son rapport de force avec le capitaliste. D'autre part, il devint de l’intérêt du capitaliste non seulement de faire travailler le plus longtemps et le plus intensément possible chacun de ses travailleurs, mais aussi d’élever au maximum possible la productivité de leur travail. L'histoire précédente avait déjà concentré le patrimoine culturel et scientifique de la société, et sa richesse, entre les mains des classes dominantes ; et avait creusé entre celles-ci et le reste de la population un fossé qui s’était élargi avec le développement du patrimoine culturel et scientifique et de la richesse. Mais, contrairement aux classes dominantes qui l'avaient précédé, la bourgeoisie, par sa nature, employa systématiquement tant le patrimoine culturel et scientifique, que la richesse, pour élever la productivité du travail des ouvriers. Là est la base de la supériorité de la société capitaliste sur les sociétés qui l'ont précédée, la raison pour laquelle elle les a supplantées.

Poussée par son intérêt, à partir du XVIIIe siècle,la bourgeoisie est passée de la manufacture à la grande industrie d'abord mécanisée et ensuite rc3a9volution-industrielle.jpginformatisée. Elle a réalisé un processus de vaste socialisation et de division du travail et a toujours plus accentué la dépendance entre les différentes entreprises (unités productives). Elle a étendu la production mercantile à un nombre croissant des anciens secteurs de travail : mines, transports, forêts, agriculture, pêche, services. Elle a créé des nouveaux secteurs de production mercantile : recherche, communication, divertissement, jeu, culte, assistance sanitaire, soin des enfants et des âgés, éducation, relations humains, relations sexuelles, services de tout genre. Elle a rendu dépendants entre eux les secteurs productifs les plus divers, en faisant de chacun le marché de l'autre. Elle a lié les uns aux autres des régions et des pays jusqu’alors étrangers. Elle a employé, assimilé, transformé ou détruit tout matériel et toute institution que l'histoire lui fournissait. Elle a créé les nations et les États nationaux comme superstructures de son marché et de son terrain d'investissement productif et d'affaires. Elle a soumis à elle les vieux États et en a créé de nouveaux, en les mettant tous au service de la valorisation du capital. Elle a envahi et, d’une manière ou d’une autre, rendu théâtre de ses affaires tous les pays, non seulement de l'Europe, mais aussi de tous les autres continents et les a divisés entre pays capitalistes et pays opprimés (colonies et semi-colonies). Le travail salarié est devenu, de loin, le rapport de travail le plus répandu, et même les autres rapports de travail ont d’une certaine manière assumé sa forme. Les rapports capitalistes de production ont été un stimulant puissant au développement de la production, des forces productives et de la civilisation. La recherche du profit a poussé la bourgeoisie à élargir la production, à perfectionner les outillages et à améliorer la technologie dans l'industrie, dans l'agriculture, dans les transports, dans les services : dans tous les domaines. Elle l'a conduite à créer des grandes infrastructures, à développer la science et la recherche scientifique dans tous les domaines jusqu'à faire de la recherche et de l'application de ses résultats dans la production un secteur productif en tant que tel ; à transformer l'environnement ; à ne reculer devant aucune entreprise ; à modifier la conformation de toute la planète. Sa recherche illimitée et individuelle (unilatérale) de profit a poussé la bourgeoisie à renverser des habitudes et des coutumes vieilles de plusieurs siècles, à ne s'arrêter devant aucun crime, à éliminer des populations et des civilisations entières, à appauvrir, polluer et détruire les ressources naturelles et l'environnement. Les précédentes classes dominantes avaient toutes exploité les travailleurs principalement pour satisfaire leurs besoins de consommation. Il y avait donc, dans leur propre consommation, la limite de l'exploitation. La bourgeoisie, par contre, a comme objectif non pas sa consommation, mais l'augmentation de son capital : un objectif par nature sans limites. Elle donc a poussé l'exploitation des travailleurs et des ressources naturelles bien au-delà de ce qui est nécessaire à la consommation individuelle et collective de la classe dominante, et la pousse indéfiniment en avant. Malgré cet habit encore barbare, elle a toutefois ouvert des horizons illimités à l'activité pratique, intellectuelle et morale de l’humanité. Dans le cadre du mode de production capitaliste, l'espèce humaine a atteint dans son développement un stade dans lequel la limite principale du développement n'est plus ni l'environnement naturel, ni la productivité du travail, ni le niveau des connaissances, mais le système social. De ce qui a été dit jusqu'ici ressortent les raisons de la supériorité économique et culturelle du capitalisme sur les anciens modes de production (esclavagiste, asiatique, féodal, etc.) au sein desquels il s'est développé et du rôle progressiste que, pour toute une période historique, la bourgeoisie a joué dans l'histoire de l'humanité. Le mode de production capitaliste s'affirma définitivement en Europe au XVIe siècle en luttant contre le mode de production féodal. Il ne comportait pas seulement de nouveaux rapports de production et la fin des corporations, des monopoles féodaux, des Cours, des particularismes féodaux, de la Papauté et de l'Église romaine, du dogmatisme théologique et de l'obscurantisme clérical. Il exigeait et faisait se lever aussi de nouveaux rapports politiques. Pour faire place à ses affaires, la bourgeoisie imposa aux Autorités du vieux monde sa représentation politique : les Parlements,les élections, la division des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire), la limitation des pouvoirs de l'exécutif, la subordination de celui-ci à des lois et des constitutions. Elle fit se naître dans la masse de la population des comportements, des conceptions, des sentiments incompatibles avec le féodalisme. Elle définit ou redéfinit, suivant ses intérêts, les poids, mesures, calendriers, codes et institutions de tout genre. Le mode de production capitaliste prévalut sur large échelle, d'abord, en Grande-Bretagne ; où il put, par une série de circonstances, utiliserla force du vieil État pour balayer la résistance féodale jusqu'à s'emparer de l'agriculture qui était alors, encore, de loin, l'activité économique la plus importante. Suivirent ensuite la France et au fur et à mesure les autres pays européens et les colonies anglo-saxonnes de peuplement (l'Amérique du Nord et l'Australie). La série presque ininterrompue de guerres qui constituent l'histoire de l'Europe aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, la Révolution anglaise (1638-1688), la Guerre d'indépendance américaine (1776-1783), la Révolution française (1789-1815) et, enfin, la Révolution européenne de 1848, sont les étapes principales de la lutte par laquelle, en Europe occidentale, la bourgeoisie élimina, dans la mesure dans laquelle cela lui était nécessaire, le monde féodal et affirma sa direction.

La suprématie mondiale de la Grande-Bretagne et des pays anglo-saxons durant l'époque contemporaine est étroitement liée à ce primat et à la profondeur avec laquelle le mode de production capitaliste a conformé à lui même dans ces pays, en particulier aux USA, les relations sociales. Pendant que la bourgeoisie menait sa lutte contre le féodalisme, contre le Saint Empire Romain Germanique et les monarchies féodales, contre l'absolutisme monarchique, contre l'obscurantisme de l'Église Catholique Romaine et de la Papauté, dans le cadre de son mode de production, une nouvelle classe, la classe ouvrière, croissait numériquement et acquérait de la maturité culturelle et de la force politique. La bourgeoisie la forçait à des conditions de travail et de vie pires que tout ce qui s’était vu jusqu’alors. En même temps, cependant, elle proclamait et imposait la libération des servitudes féodales et cléricales. Contre celles-ci, la bourgeoisie brandissait les mots d'ordre de "liberté, égalité et fraternité" universelles. Contre la résistance des féodaux et du clergé, elle mobilisait la même classe ouvrière.

Au XVIIIe siècle dans le pays capitaliste le plus avancé, l'Angleterre, l'antagonisme entre la bourgeoisie et les ouvriers était déjà assez développé. L'ouvrier s'était assez différencié tant du capitaliste que de l'artisan, de l'apprenti de boutique et du pauvre en général, au point de donner lieu à des rébellions de diverses sortes, individuelles et collectives, et aux premières formes d'organisation de classe. Les ouvriers participèrent activement à la Révolution française, mais encore substantiellement à la remorque de la bourgeoisie. Dans les premières décennies du XIXe siècle, dans les pays d'Europe occidentale, les ouvriers s’opposaient toujours plus largement à la bourgeoisie. Ils acquéraient ainsi conscience de classe et capacité de lutte. Ils entraînaient dans la lutte, à leur suite, le reste des masses populaires. Ils devinrent un problème pour l'ordre public.

Lors de la Révolution européenne de 1848, bien que ce fût encore la bourgeoisie qui récolta les fruits de leur lutte, ils participèrent déjà comme classe en tant que telle. En juin 1848, à Paris, ils subirent une répression féroce et de masse ; qui en France marqua la rupture nette entre les deux classes et même la fin de la nouvelle-née république bourgeoise. La contradiction entre la bourgeoisie et la classe ouvrière était devenue la contradiction principale de la société. Jusqu’alors, en vain, les plus grands théoriciens de la bourgeoisie avaient cherché à comprendre les origines, la nature, les lois de développement et le rôle historique du mode de production capitaliste. La synthèse de l’expérience des luttes de la classe ouvrière contre la bourgeoisie amena à une compréhension exhaustive de tout cela. Par là même, furent comprises également les conditions matérielles dans lesquelles se déroulait et par lesquelles était conditionnée la lutte de la classe ouvrière Le capitalisme combine l'asservissement de classe des anciens temps avec la liberté individuelle du vendeur et de l'acheteur de marchandises. Les hommes et les femmes prolétaires composent la masse de la population, et en diverses mesures ils et elles influencent et modèlent aussi à leur image les autres travailleurs. Ils et elles devraient être asservi-e-s à une poignée d'hommes (les bourgeois) et en même temps, comme producteurs et vendeurs d'une marchandise (la force de travail) et acheteurs du monde scintillant et changeant des marchandises mises en vente par la bourgeoisie, développer chacun-e-s les attitudes, les comportements et les capacités intellectuelles et morales de protagonistes du marché mondial, et vivre à son rythme. D’un côté, le capitalisme a besoin de travailleurs abrutis comme les travailleurs des vieilles sociétés ; de travailleurs dont l'aspiration principale est de servir des patrons que la civilisation bourgeoise elle-même a maintenant déshabillés de l'auréole du droit divin ou naturel qui consacrait leurs prédécesseurs dépositaires du pouvoir. D’un autre côté, le capitalisme exige de chacun des prolétaires la capacité de s’adapter aux faits dans une société en transformation continue : une société maintenant privée des contraintes routinières et consacrées par une longue tradition qui, dans les précédents modes de production, dictaient "pour l'éternité" la vie et le comportement de chaque individu selon la classe à laquelle il appartenait et le métier qu’il exerçait. Le capitalisme est la contradiction en acte. C’est, par sa nature même, un régime de transition. Il ne peut pas, comme les anciens modes de production, durer des millénaires ; comme manière d'être de générations qui se succèdent indéfiniment, égales pour l'essentiel les unes aux autres, à la ressemblance, par beaucoup d'aspects, de ce qui se produit pour les autres espèces animales, à un rythme dans lequel les changements sont en règle générale lents, fortuits et limités en grande partie à la minorité qui constitue la classe dominante. Dans l'évolution de l'espèce humaine le capitalisme a le rôle historique d'éduquer en masse les hommes et les femmes à une vie intellectuelle, morale, sentimentale et sociale d'individus libres et égaux ; mais une telle vie est incompatible avec la nature du capitalisme même, parce qu'il est le système d'une société encore intrinsèquement basée sur l'oppression de classe.

alienation.jpgLe capitalisme a accéléré l'évolution de la civilisation et de l'espèce humaine. Il crée et supprime de façon continue les conditions d'une vie supérieure pour la masse de la population. Le capitalisme combine en lui-même la vieille barbarie et la nouvelle civilisation. Il maintient la vieille barbarie semi-animale du travailleur instrument de son patron et crée les conditions de la nouvelle civilisation communiste.

À travers le processus du capitalisme, les conditions de la nouvelle civilisation se multiplient et s’enracinent continuellement. Les deux âmes du capitalisme, donc, se différencient, se séparent et s’opposent jusqu'à s'exclure mutuellement. La bourgeoisie devient d’autant plus réactionnaire, qu’elle a achevé sa mission historique de créer les conditions de la nouvelle civilisation communiste.

Les conséquences les plus barbares de la survie de sa domination - les génocides, les guerres, les famines, les épidémies, la marginalisation, l'aliénation, la précarité, etc. - ne sont pas pires que les événements récurrents dans les sociétés primitives. Mais elles sont aujourd'hui insupportables, précisément parce que maintenant superflues et parce que, par conséquent, nouveaux sont aujourd'hui les sentiments et la culture que l'humanité a développé. Dans sa décadence la bourgeoisie remet en service, perpétue et intensifie sur une échelle jamais atteinte auparavant tous les comportements propres à la phase barbare de l'humanité, mais qu'avec la conscience d'aujourd'hui les hommes répudient.

N'est pas nouvelle la barbarie que la bourgeoisie ravive, perpétue, impose et personnifie.

Nouveaux sont les sentiments et les idées qui la rendent intolérable, et la situation pratique qui la rend superflue. D'une part, des milliards d'hommes et des femmes s'approchent en masse des conditions matérielles, intellectuelles et morales liées à "l'association dans laquelle le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous". De l'autre, la classe dominante s’enferme toujours plus dans la conservation de la vieille oppression de classe et se saisit, pour son ultime défense, de toute la puissance des armes d'oppression, d'abrutissement et de destruction, à la production desquelles elle plie toutes les forces productives de la société.

Elle invoque à son secours toutes les vieilles forces du paradis et de l'enfer, du ciel et de la terre. Elle appelle à la rescousse les prêtres et les prophètes de toutes les religions et les sectateurs de tous les vices : elle leur assure un champ illimité d'action et d'expansion et se sert soit de leur activité, soit de la répression de celle-ci.

Dans les pays capitalistes les plus avancés, la bourgeoisie a fait de chaque bien et service une marchandise, et de l'argent, l’intermédiaire indispensable de toute relation. Elle force donc chaque prolétaire à employer la plupart, sinon toutes ses énergies physiques, intellectuelles et morales pour se procurer l'argent nécessaire à satisfaire les besoins d'une vie sociale élémentaire. Elle enferme chaque prolétaire dans un réseau d'obligations, de paiements, de prêts, de versements qui le force à dédier, en échange du salaire, le meilleur de ses capacités à accomplir la tâche qui lui est assigné dans le cadre de la division sociale et technique du travail, qui, dans son ensemble, fait fonctionner et reproduit le système social qu’incarne la domination de la bourgeoisie. De là, un état d'abrutissement intellectuel et moral universel, que la bourgeoisie promeut de tout côté, qui est le principal obstacle à tout progrès de civilisation, et que le mouvement communiste doit surmonter pour accomplir sa tâche historique.


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