Vive le 8 mars!

mlher22.jpgPour célébrer à notre manière le 8 mars, Sheisau Sorelh propose un témoignage traduit par nos soins d'une guerrilla trés peu connue qui se déroula de 1972 à 1974 dans le brésil soumis à la dictature militaire et à l'impérialisme. Nous vous proposons à la suite un témoignage d'une héroine du peuple morte au champ d'honneur. La Guerilha da Araguaia est un fait marquant de la lutte contre les dictatures et l'impérialisme Yankee en Amérique. Ce témoignage nous éclaire de plus sur les erreurs à ne pas commettre, c'est donc un document important pour nous communiste. Surtout qu'au Brésil comme dans d'autres pays de la région l'histoire n'est pas finie, des groupes veulent par exemple organiser cette année un hommage au coup d'état militaire de 64. De plus tous les problèmes dénonçés par les communistes de cette époque restent d'actualité, extrême pauvreté, violences, corruption, destinée soumis à l'impérialisme etc. Notre meilleurs hommage est de continuer leur combat avec force et détermination. Ce texte est tiré du journal nova democracia, Bonne lecture.



Le 12 avril 1972 se déroule le premier affrontement armé de l'héroique Guérilla de l'Araguaia dans le nord du Brésil. Maurício Grabois, dirigeant du Parti Communiste du Brésil, membre de son Comité Central, de sa Commission Militaire et commandant de la Guerilla, inscrit comme cela l'événement dans son journal :

« 30/04 – A commencé la Guerre Populaire le 12/04. L'ennemie, sûrement informé par quelques dénonciations, a attaqué par surprise le Peazão (na Faveira, na beira do Araguaia) entre 15 et 16h de ce jour là. Avisé peu de temps avant, par le peuple, le Détachement « A » se retira dans l'ordre vers la forêt. Le Groupement de se Détachement, qui a été fondé dans le Peazão, donna la supériorité à l'adversaire, il n'accepta pas le combat, mais sauva ses effectifs, son armement et divers matériels. »

antonio-de-padua-costa-piau-agachado-com-tropa-atras.jpgAinsi fut déclenchée la lutte armée dirigée par le Parti Communiste du Brésil entre les années 1972 et 1974. Elle mobilisa des centaines de paysans dans le sud du Pará, connu comme ‘Bico do Papagaio’ et elle fut soutenue par des milliers de Brésiliens en lutte contre le régime militaire fasciste pro-impérialiste . La résistance suscita une haine viscérale des généraux « gorilles », qui mobiliseront dans cette région des effectifs militaires fort de dizaines de milliers de soldats et un puissant arsenal de guerre. Ils organisèrent trois campagnes pour réprimer et annihiler les guérilleros et leurs appuis. Des centaines de paysans furent barbarement massacrés et 69 guérilleros, militants du PCdB, furent de même torturés et asssassinés. Plusieurs tomberont en combattant et la plus part donna des exemples inoubliables de persévérance, de courage et d’héroïsme. L'épopée révolutionnaire de l'Araguaia n'est pas seulement un événement historique remarquable. Elle représente la marque politique et idéologique de la lutte des classes dans notre pays, elle représente le stade le plus avancé pour le prolétariat brésilien et son avant-garde dans sa lutte pour la révolution brésilienne jusqu'à aujourd'hui. Perdo Pomar dirigeant du PCdB, fut celui qui évalua de la manière la plus juste l'expérience de l'Araguaia. Dans son rapport présenté à la réunion du CC du PCdB au milieu de l'année 1976 et repris en décembre de la même année (lorsque Pomar, Ângelo Arroyo et João Batista Franco Drummond furent brutalement assassinés lors du « massacre de Lapa »). Pomar nous dit :


« Je tiens à souligner, avant tout, la ferme décision du CC dans l'accomplissement de la tâche qui a été approuvé, d'implanter, dans plusieurs régions les plus reculés de l'Intérieur* Brésilien, des dizaines de camarades qui se sont déclarés disposés à supporter tous les sacrifices afin de préparer et de déclencher la lutte armée. L'expérience de l'Araguaia représente, indéniablement, une tentative héroïque pour créer une base politique et donner une continuité au processus révolutionnaire, sous la direction de notre Parti. Qui avait pour but de former une solide base d'appui en zone rurale et de développer le noyau de la futur armée populaire, puissante, capable de vaincre les forces armées au service des classes dominantes ou service de l'impérialiste Yankee. »

Rapidement il critiqua, aussi dure qu'elle puisse être, les sérieuses erreurs de conception résultant de l'annihilation des forces révolutionnaires dans l'Araguaia et la déroute de la Guérilla :

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« Tout porte à croire que la guérilla a commencé comme un duel entre les troupes communistes et la dictature militaire. Il en fut ainsi presque tout le temps. C'est là que réside, à mon sens, la plus grande erreur, l'expérience la plus négative de l'Araguaia. La conquête politique des masses ne peut être seulement effectuée après la formation du groupe de guérilla. Elle ne doit pas être non plus constitué uniquement et exclusivement, même si c'en est le principe, de communistes. Et ne dites pas que les orientations contenues dans les documents et les résolutions du Parti ne sont pas très clair à ce sujet. Tant dans les écrits que dans l'esprit, les documents internes principalement dirigés contre les thèses petite-bourgeoises et Foquistes*, indiquent sans aucun doute :

  1. La guerre populaire est une guerre de masse.

  2. La guérilla est une forme de lutte de masse.

  3. Pour l'initier, « mêmes si la situation est mûre »,il est nécessaire que les combattants ait forgé des liens puissants avec les masses .

  4. La préparation « suppose un travail politique de masse ».

  5. Les trois aspects – Travail politique de masse, construction du Parti et lutte armée – sont inséparables dans la guerre populaire.

  6. Le Parti qui est la partie politique est l'aspect principal.

  7. En un mot, le travail militaire est la tâche de tous les communistes et pas seulement des spécialistes. »

Débordant d'optimisme révolutionnaire et de confiance dans le parti pour surmonter les difficultés et les erreurs dans le triomphe de la révolution, Pedro Pomar conclu en ces termes :

« Notre parti, même après avoir été sévèrement battu et subi de lourdes pertes,n'est plus le même qu'en 1972. Il a acquis de l'expérience. Par conséquent, pour transformer les conditions défavorables actuelles, nous devons persister dans notre politique de front unique, concentrer plus d’effort pour gagner les grandes masses ouvrières et paysannes, révolutionner nos rangs, défendre fermement notre organisation et accélérer la préparation militaire. Tout indique que l’horizon va s'éclaircir pour le peuple brésilien. Le drapeau de lutte armée, qu'on empoigné tant héroïquement et pour lequel se sont sacrifiés les camarades de l'Araguaia, doit être élevé encore plus haut.Si nous arrivons à nous lier avec les masses populaires des champs et des villes et à les gagner à l'orientation du Parti, peu importe la férocité de l'ennemie, avec certitude la victoire sera notre ».

Helenira Rezende : Une héroïne du peuple.


01elenira.jpgLe 28 septembre 1972, en lutte contre les forces militaires, mourru Helenira Rezende Nazareth une valeureuse combattante des Forces de la guérillas de l'Araguaia . Connue par ses camarades par le nom de Fatima et dans les villes où elle développa son activité révolutionnaire par le surnom de « noire ». Le 28 septembre en pleine jungle, Helenira était en mouvement avec son Détachement pour participer à une opération contre les ennemies. Au croisement du chemin qui mène à la petite corrutela de S.José, le chef de son groupe la mis de garde en haut d'un ravin à fin de guetter le passage de toutes les unités de guérilla. Après que le premier groupe fut passé en espérant le second, elle vit surgir 16 soldats de l'Armée. Le premier soldat, sûrement le commandant, arrêta la troupe et avec deux autres décida d'étudier le terrain. Il se dirigea du côté de la jeune combattante. Elle décida d'affronter les adversaires avec l'objectif d'avertir ses camarades. Elle blessa mortellement le sergent, armé d'une FAL et de grenade, avec une arme de chasse. Elle fut blessée aux jambes en se retirant. Alors, en se retranchant comme elle pouvait, avec son revolver 38, elle tua un soldat fortement armé qui s'approchait. Elle lutta jusqu'à épuiser ses munitions. Prisonnière Helinira se comporta avec la dignité propre au meilleurs révolutionnaires. Les militaires la tortura pour qu'elle avoue où se cachaient les autres combattants. Elle répondit qu'ils pouvaient la tuer car elle ne répondrait rien. Le jour suivant après avoir souffert de nombreuses tortures, elle fut froidement assassinée par ses ravisseurs. Helenira avant de venir dans la forêt de l'Araguaia était une leader étudiante de premier plan. A Sao Paulo elle participa, comme étudiante de philosophie, activement aux grandes manifestations de masses de 1968. Puis rapidement elle appartena à la direction de l'Union National des Étudiants, agissant dans différents États. Elle finit par rejoindre le mouvement de guérilla pour combattre, les armes à la main, le gouvernement despotique des généraux. Elle jouissait d'une grande popularité chez les étudiants de São Paulo, Bahia et Ceará. La vie de Helenira est un exemple de courage, d'altruisme et de dévouement à la cause du peuple. Elle est un motif d'inspiration pour toute la jeunesse, pour tous les démocrates et patriotes.

L'Histoire du Brasil possède peu d'attitudes tant héroïques de la part d'une femme que cette courageuse partisane. Trois événements ont marqué sa trajectoire de combattante de la liberté et de l'émancipation nationale. Le premier fut son incorporation volontaire aux Forces de Guérilla de l'Araguaia, fait qui à lui seul, révèle son immense courage. Le seconde consiste dans sa courageuse décision d'affronter seule une force nombreuse pour garantir la sécurité de ses camarades, et d'arriver à liquider deux ennemies malgré l'infériorité des armes. La troisième s'exprime dans sa position sereine de préférer la torture et la mort que de trahir ses camarades. Son sacrifice ne fut pas en vain. Son attitude réveillera un nombre toujours plus grand de jeunes dans la lutte contre la dictature, pour la démocratie et pour la libération du Brésil du joug impérialiste. Elle Impulsera un esprit combatif de ce qui déjà s'opposent à la tyrannie et à la domination de la Nation pour les monopoles étrangers. Elle aidera la révolution à avancer.

Le vide laissé par Helenira dans les rangs de la guérilla, au court du temps, sera comblé par des milliers de nouveaux combattants. Une cause qui arrive à faire surgir des personnes avec de telles qualités morales sans crainte révolutionnaire, ne peut être, tôt ou tard, que victorieuse. Les Forces de Guérilla de l'Araguaia sont fier d'avoir eut dans leur rang une combattante comme Helenira.

Dans un endroit de la foret Amazonienne, 20 octobre 1972.

Le commandant des Força de Guérilla de l'Araguaia.


Foqisme : Le foco (foyer) ou foquisme est une théorie de guerre révolutionnaire formulée par Che Guevara qui déclarait vouloir faire « un, deux, plusieurs Vietnam... » afin de lutter contre l'impérialisme des États-Unis. Cette théorie de la révolution est fondée sur la création de foyers de guérilla rurales. Elle a été à l'origine de plusieurs guérillas dans les années 1960 en Amérique Latine, dont la plupart sont démantelées rapidement, à l'exception notable de l'ELN, encore active aujourd'hui en Colombie. Cette théorie qui a montré plusieurs fois ses limites va à l'encontre de celles développées par Mao sur la Guerre Populaire Prolongée. Les 7 points du PCdB dans le texte peuvent être rattachés à la définition Maoiste.

Intérieur : Dans l'imaginaire Brésilien l'intérieur signifie les zones rurales en opposition aux premiers foyers de colonisation présent sur la côte.

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