De quoi la crise est-elle le nom ? (Parti 2)

societe-1.jpgSuite du texte "De quoi la crise est-elle le nom ? (Parti 1)"


Le consumérisme : une arme à double tranchant

Nous avons vu précédemment que s’il n’y a pas une augmentation continue de la quantité de valeur d’usage, de biens produits, le mode de production capitaliste va nécessairement tomber dans la surproduction absolue de capital. Nous avons également vu que le mode de production capitaliste condamne les êtres humains a augmenter continuellement la quantité d’objets produits, sous peine de ne pouvoir produire ni jouir même de la quantité produite hier, indépendamment des besoins et de la volonté des hommes eux-mêmes.

Pour éviter la crise par surproduction de capital, l’augmentation de la quantité de biens produits doit en outre comporter l’exploitation d’un nombre de travailleurs tel que le surtravail global extorqué à chaque cycle de valorisation soit supérieur au surtravail extorqué au cours du cycle précédent. Est-il possible, dans le cadre d’un monde tout entier soumis au capital, d’avoir une augmentation continue et adéquate de la quantité de biens produits ? Au cours de son histoire, et particulièrement dans la période de sa décadence (grosso modo depuis le début du 20e siècle), le capital a continuellement et énormément augmenté, et continue a augmenter la masse de valeur d’usage produite dans son domaine, a en modifier les caractéristiques, a en inventer de nouveaux précisément parce que tel est un des instruments pour prolonger son agonie, pour augmenter la part de valeur globale produite qu’il peut ultérieurement valoriser

(1) Ici comme sur les autres points, se voit l’enchaînement entre les exigences du mode de production capitaliste en général et les actions effectives des capitalistes individuels, pouvant laisser penser que l’évolution de la société capitaliste est le fruit de la compréhension que les capitalistes ont de ses exigences et de leur volonté conséquente de la perpétuer, ou que le capital est un monsieur qui, a la manière d’un dieu antique, transcende le commun des mortels que nous sommes et pense et agit par-dessus nos têtes. En réalité il n’existe aucun dieu, et cet enchaînement entre exigences et actions n’existe dans la tète d’aucun capitaliste, chacun d’eux etant mu dans ses actions par d’autres motivations, bien plus immédiates et modestes. La rationalité du capitalisme existe et agit sur les choses mêmes (objectivement), sans que et nonobstant que les ‘fonctionnaires’ du capital (les capitalistes) n’en aient aucune conscience. La question de savoir comment, inconsciemment, les choses suivent cette rationalité, est une inversion idéaliste du rapport entre pensée et choses, et revient a se demander comment l’image d’un miroir peut se transformer en

personne de chair et d’os. Il n'y a pas de théorie du complot ou de plan de domination à échelle mondiale.

Ici se fonde la nécessité, pour le mode de production capitaliste, d’augmenter continuellement la quantité de valeur d’usage produite ; et, donc, ici trouvent aussi leur première explication rationnelle les différentes formes concrètes que cette augmentation assume (armement, course à la Lune, consumérisme etc.). Il n’est évidemment pas nécessaire que les marchandises produites dans une mesure croissante soient des biens de consommation, de masse ou non, mais ici se trouve la possibilité du consumérisme, possibilité venue historiquement a l’existence dans la grande majorité des pays impérialistes.


Mais si le consumérisme, d’un cote, comme les autres formes d’augmentation de la quantité de valeur d’usage produite, est une soupape de sécurité des difficultés du mode de production capitaliste, de l’autre il se heurte a des difficultés qu’il est utile d’éclaircir :


1. Certaines consommations peuvent augmenter de beaucoup (quatre téléviseurs par famille au lieu d’un), tandis que d’autres moins, pour des raisons naturelles (un individu ne peut pas manger plus d’une certaine quantité de nourriture) ou pour des raisons sociales. L’universalité de l’individu dans sa consommation n’est pas compatible avec sa condition d’esclave salarié. L’universalité de la consommation implique l’universalité des goûts, des attitudes et des intérêts, qui se forme seulement avec le temps et dans des conditions sociales déterminées ; l’universalité de la consommation requiert du temps pour jouir de la richesse. L’universalité dans la consommation présuppose et génère intérêts, intelligence, curiosité, autonomie, etc., toutes choses rigoureusement 'inconvenantes' chez un travailleur salarie : "Vous êtes payes pour travailler, pas pour penser, d’autres sont payes pour cela" (Taylor). Le capitalisme façonne l'humanité entière à son imagine, mêmes modes de consommation de New-York à Moscou, les nouvelles technologies de l'information viennent accélérer se processus.

2. Bien que le capitalisme fasse (spontanément) de la consommation un instrument d’assujettissement et d’abrutissement du travailleur, tôt ou tard arrive un moment ou le travailleur, au lieu de consommer plus, travaille moins et devient moins docile dans le temps de production même (absentéisme, instabilité de la force de travail-dépressione etc.) et plus résistant à la sollicitation du capitaliste pour intensifier le travail et travailler dans des conditions insalubres. Le capital avait conçu l’augmentation de la consommation comme un moyen de faire travailler plus et mieux le travailleur, comme mesure de ‘politique interne’. Comme une ‘carotte’ a alterner avec le bâton. A un certain point, l’instrument de paix sociale se transforme en son contraire.( surtout dans les temps de crise, où cela attire frustration et haine)


3. Le développement du consumérisme entre en contradiction avec la nécessite du capital de réduire la part de travail nécessaire et d’augmenter la part de surtravail. C’est la vieille rengaine : tout capitaliste voudrait son ouvrier frugal, et plein aux as et dépensier l’ouvrier de l’autre, qui se pressente a lui comme acheteur. Et l’augmentation de la plus-value extorquée à chaque ouvrier devient d’autant plus nécessaire à chaque capitaliste, qu’est plus avancée la surproduction de capital, comme on l’a vu plus haut. On veut que le peuple consomme mais on lui réduit les salaires. Mais le mode de production capitaliste et le système de production mercantile (produire pour vendre) comportent par leur nature même des limitations a l’augmentation indéfinie de la quantité de produits, qu’il s’agisse de biens de consommation ou de moyens de production.


a) Produire des objets comme valeurs d’échange, c’est a dire en tant que marchandises, comporte une limite a la croissance de la production : une marchandise ne peut être produite que si par ailleurs, par d’autres producteurs indépendamment, est produite une autre marchandise qui puisse être échangée avec la première et donc, qui soit équivalente en termes de valeur d’échange et adéquate en termes de valeur d’usage.

Un travail ne peut être accompli que si est accompli aussi un autre travail, correspondant en quantité et en nature. Même si le système de crédit peut offrir, dans une certaine mesure, un remède aux effets les plus restrictifs de cette condition, permettant d’échapper a l’exigence de stricte simultanéité des deux résultats, la limite est toutefois opérante et les effets sont sous nos yeux.

Afin que la production d’une marchandise ait profitablement cours, il faut que soit produite également une seconde, sans quoi ne sera pas produite la première. Un bûcheron ne produira pas de bois si dans le même temps un industriel ne produit pas de scie et de camion, non pas parce que le bûcheron ne peut malgré tout produire du bois s’il ne dispose pas de scie ou de camion (de la manière dont il ne peut produire de bois s’il ne dispose pas de forêt.), mais il ne le produira pas dans le sens qu'il ne réussirait pas à vendre le bois produit. Dans le cadre des rapports mercantiles entre les individus, les choses ne peuvent en être autrement.


b) Produire des objets dans le cadre des rapports capitalistes de production comporte également une limite a la croissance indéfinie de la quantité produite : un objet est produit non seulement s’il peut être vendu, mais vendu avec un profit adéquat pour qui est maître de sa production. Lorsque, par un quelconque accident, ceci n’est pas le cas, la production est inévitablement interrompue. Les conditions de la circulation, de la transformation du capital/marchandise en capital-argent, se répercutent immédiatement sur la production elle-même,

avec un effet de chaîne : l’interruption de la production a un point élimine non seulement l’offre d’une certaine quantité d’objets, mais aussi la demande de moyens de production et de biens de consommation qui en dérivait, et élimine ainsi la possibilité pour d’autres secteurs de vendre avec un profit adéquat leurs produits ;


c) La société bourgeoise pose en elle-même, dans son développement concret, des limites a la croissance de la production tant de biens de consommation que de moyens de production. Depuis près de cent ans, sont réunies dans le monde les conditions pour le dépassement du mode de production capitaliste. Ceci a conduit au passage de la bourgeoisie du camp de la révolution au camp de la conservation : cette classe a cesse d’être facteur de subversion et de transformation de l’état existant des choses, des rapports sociaux existants, facteur de mobilisation de masse, et est vouée à la conservation de l’existant car elle sent dans chaque grand mouvement de masse le péril de sa fin ; ayant étendu au monde entier le réseau de ses intérêts et de ses affaires, toute subversion de l’ordre social et économique dans un coin du monde implique la ruine pour les intérêts constitues de chaque groupe bourgeois et, au sein de la bourgeoisie, ne peut trouver d’appui, au maximum, que comme lutte d’un groupe bourgeois pour imposer ses intérêts à la place de ceux d’un autre groupe. A l’heure actuelle, quand un bourgeois hurle contre les privilèges, la barbarie, les intérêts constitués, les droits humains piétines, nous pouvons être certains qu’il hurle en réalité simplement parce que les intérêts constitues d’un autre bourgeois sont devenus un handicap pour ses nouveaux appétits ou sont entres en collision avec ses propres intérêts constitues.

Si aujourd'hui nos dominants sont en proie à des bouffées démocratiques pour aller libérer les peuples sous le joug de tyrans ce n'est pas par humanisme mais pour des intérêt très rationnels des capitalistes. Lybie, Syrie, Mali ne sont rien d'autres.

Une situation bien différente de celle que l’on avait lorsque, le mode de production capitaliste étant le plus haut niveau atteint par l’organisation sociale, la bourgeoisie était promotrice de tout mouvement de révolution sociale.

Telle est la raison pour laquelle la société bourgeoise soutient, appuie et maintient debout même des systèmes économiques, politiques et sociaux arrières (comme la société tribale et esclavagiste d’Arabie saoudite), sur lesquels elle a base ses propres intérêts et dont la subversion ébranlerait et menacerait l’assise globale de la société bourgeoise, quand bien même ces systèmes arriérés comportent des limitations au développement en profondeur du mode de production capitaliste et leur destruction, qui surviendrait malgré la résistance de la société bourgeoise et au cours d’une de ses convulsions périodiques, pourrait ouvrir de nouveaux champs d’action au capital, conduisant a une augmentation de la production capitaliste et a une exploitation plus efficace (plus rationnelle, diraient les apologistes du capitalisme) des populations locales ; et donc, offrir une nouvelle bouffée d’oxygéné au mode de production capitaliste. Toutes ces limites a l’augmentation indéfinie de la quantité d’objets produits, limites inhérentes au mode de production capitaliste et qui, a leur tour, rendent impossible un développement continu de la société bourgeoise close, impliquent que celle-ci soit soumise a des crises de surproduction absolue de capital (2).


(2) Dans le second livre du Capital, Marx démontre que dans une société purement capitaliste close, la reproduction peut advenir sans problème si sont respectées quelques conditions (que rien ne garantit a priori, ni ne rend probable qu’elles soient respectées). Les considérations ici développées ne contredisent pas tout a fait les arguments de Marx, simplement parce que dans le traitement de la question, Marx ne prend pas en considération l’éventualité que la productivité du travail et la composition organique du capital changent en passant d’un cycle productif au suivant : cette éventualité est justement ce qui est examine ici. Il est utile de précis que toute l’argumentation développée ici n’a rien a voir avec une proposition de la théorie de l’effondrement du capitalisme : celle-ci vise au contraire a démontrer aussi bien le caractère transitoire du mode de production capitaliste et les problèmes que comporte sa survivance, au delà du stade ou il fut le contexte le plus favorableau développement de l’humanité, que le fait qu’aucune situation concrète n’est

  1. La guerre comme cure du capital

Depuis la fin du siècle dernier, le mode de production capitaliste s’est assujetti le monde entier et donc, la société bourgeoise est une société bourgeoise close. Des lors, le capital ne trouve plus d’autres hommes et d’autres sociétés différentes à soumettre a sa domination, hommes ou sociétés qui ne travaillent pas encore dans le cadre du capital, a introduire dans ce cadre. Toute l’histoire de ce siècle, en ce qui concerne le capital, est l’histoire de la domination réelle du capital, c’est a dire de la transformation, de l’adaptation et de la production des hommes et des institutions les plus adaptés à lui, c’est a dire les plus adaptés à la production de surtravail. C'est en çà que le capitalisme façonne le monde à son image. La production de surtravail advient alors essentiellement comme production de surtravail relatif. Avec le nouveau siècle commencent aussi les crises générales par surproduction absolue de capital.

La première crise par surproduction absolue de capital couvre une grande partie de la première moitie du siècle, et a été résolue a travers les grandes destructions humaines et matérielles et les bouleversements politiques et sociaux de la Seconde Guerre mondiale. En effet, la surproduction absolue de capital ne peut être surmontée, dans le cadre de la société bourgeoise, qu’a travers une destruction matérielle et d’êtres humains et des bouleversements sociaux de dimension telle qu’ils permettent au capital de reprendre sa course au développement.

Dans la crise par surproduction de capital, le capital est comme un animal qui suffoque parce que trop engraisse, mais dont la vie consiste a s’engraisser : seule quelque chose qui le ramène a la maigreur peut lui permettre de reprendre vie. La Seconde Guerre mondiale a été la cure que le capital s’est administrée a lui-même.

Une des grandes mystifications culturelles de ce siècle, est la croyance répandue que les politiques économiques inspirées ou théorisées par Keynes (l’intervention de l’État pour créer de la demande de marchandises en augmentant les revenus, pour dépenser à crédit ou créer de la masse monétaire) ont résolu la première crise universelle du mode de production capitaliste par surproduction absolue de capital, née avec le siècle. En réalité, cette première crise universelle ne fut ‘résolue’ que par les destructions de biens matériels et d’êtres humains et par les bouleversements politiques et sociaux des deux premières guerres mondiales. Les revenus supplémentaires et les dépenses supplémentaires crées par les États, dans les années 1920 et 1930, se sont révèles partout insuffisants à créer de nouvelles conditions adaptées a la production d’une plus grande quantitative de plus-value et donc, a relancer le mode de production capitaliste. L’augmentation de la demande n’a pas résolu la crise, étant donne que la baisse de la demande était elle aussi un effet et non une cause de la crise. Ceci a servi tout au plus a limiter les effets catastrophiques de la crise, et a en prévenir les conséquences politiques. Augmenter la dépense publique, limiter le chômage en créant des emplois publics, distribuer des subsides aux chômeurs et d'autres aides publiques limitait la chute de la consommation et était utile a des fins d’ordre public, mais n’éliminait pas la cause qui avait brisé l’élan des investissements du capital, ne remettait pas en marche la machine du mode de production capitaliste.


Les trente années de développement capitaliste (1945-75) qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale sont la période durant laquelle le capital a reconstruit et accumule pour se retrouverau point de départ.


De même que la recette keynésienne sert a embellir et améliorer les choses quand elles vont bien, elle devient absolument inefficace pour redresser le cours des choses quand elles vont mal ! Toutes les politiques de relancent actuelles en court ou en prévision sont donc totalement inutile. D'où la totale inutilé économique de toutes les relances actuelles mis à part d'un point de vue social.

La crise par surproduction de capital n’est pas une période d’extinction graduelle, uniforme et

ordonnée d’initiatives et d’activités. C’est au contraire une période de frénétiques restructurations, de grandes ruines tout autant que de grands succès, de furieuses contradictions. Les sociétés capitaliste n'ont jamais gagné autant d'argent que depuis 2009.

La société bourgeoise ne se meut jamais qu’a travers des mouvements contradictoires de ses composantes, tant dans les périodes de croissance globale que dans celles de récession globale : comme un ver qui, qu’il avance ou qu’il recule, ne se meut que par les mouvements de direction contradictoire de ses composantes.

Il devient déterminant, dans ces moments-la, de réussir a comprendre le sens du mouvement

global qui en résulte. A ce niveau, apparaît également clair l’effet réel de la recette que les capitalistes et les gouvernements de chaque pays prodiguent aux masses, avec une grande uniformité d’un bout a l’autre du monde, en vantant avec impudence les effets de chaque nouvelle prescription requise par l’inefficacité constatée de la cure imposée quelques mois auparavant. (voir les 'erreurs' des chefs du FMI )

Les sacrifices imposes aux masses, la réduction des salaires réels, l’intensification du travail, la restructuration technologique, ont une grande importance en ce qui concerne la concurrence entre groupes capitalistes : celui qui est le meilleur a les imposer, reprend du souffle face a ses concurrents. Mais en ce qui concerne le cours de la crise économique (et de ses reflets politiques et culturels), ils ont pour unique effet de l’accélérer. Ils accélèrent en réalité la contraction du marche pris dans sa globalité.


Car, de la crise de surproduction absolue de capital, on ne sort que d’une de ces deux manières (et c’est ce qu’aucun bourgeois n’admettra jamais ouvertement) : soit par une nouvelle, effroyable destruction humaine et matérielle qui permette au capital de reprendre souffle pour se retrouver après quelques années dans la même situation ; soit par un bouleversement politique et social qui mette fin aux rapports de production capitalistes et au rapport de valeur qui en est le fondement. C’est une maladie pour laquelle n’existe pas d’autre remède !

7. La société se choisit ses accoucheurs



La guerre est une soupape de sécurité adéquate pour les contradictions propres au mode de production capitaliste ; elle réalise deux objectifs appréciables pour le capitaliste : a) détruire et donc ouvrir la voie a une nouvelle période de développement, b) ouvrir un champ d’action encore plus vaste a la bourgeoisie victorieuse, et chaque bourgeoisie compte bien l’être. La guerre n’est pas seulement une possible soupape de sécurité pour le capitalisme en crise par surproduction de capital. A un certain point, elle devient la seule soupape de sécurité, elle devient une nécessite. Bien évidemment, les guerres en général ne sont pas le fruit de conspirations préparées et planifiées avec la conscience et l’intention de préparer la cure de rajeunissement du capitalisme.

Quand ‘les choses’ poussent dans une direction, les conspirations soit n’existent pas, soit ne sont guère plus qu’une vaine agitation de mouches du coche (nos illuminatis et nos complots en tout genre etc). En réalité, comme disent dans ces cas-la les historiens et les politiciens bourgeois, "les événements glissent des mains".

Nonobstant leurs illusions, celles de leurs suivants et celles de leurs adversaires, ce ne sont pas les Hitler ou les Reagan qui conduisent a la guerre mais, au contraire, quand une société est gravide de guerre, quand mille choses poussent dans cette direction ou au moins, ont dans la guerre une quelconque possibilité de développement, c’est celle-ci qui porte au pouvoir des accoucheurs plus ou moins adéquats. La concurrence entre capitalistes, chacun pour sa survie, implique les États bourgeois. Au fur et a mesure que se réduit le gâteau de plusvalue à se partager entre capitalistes, grandit l’empoigne entre eux pour obtenir dans le partage une part plus grande. Et cette rixe, la

guerre économique et commerciale que les capitalistes se livrent entre eux, chacun pour avoir lui aussi une part du surtravail que l’autre a extorqué, cette guerre entre larrons se transforme inévitablement en une guerre entre États, en une politique agressive entre États bourgeois. Les États ont le pouvoir d’imposer autoritairement des tarifs douaniers, des quotas aux importations, des facilites fiscales et des aides aux exportations, des impôts et des taxes sur les marchandises qui circulent dans leurs frontières. Les États ont le pouvoir de diminuer ou augmenter, par des mesures législatives, les coûts de production des capitalistes qui opèrent sur leur territoire (subventions etc.) d’assumer comme ‘dépense publique’ une part plus ou moins consistante des coûts de certains ou de tous les capitalistes agissant dans le pays, de rendre plus ou moins coûteux le crédit a chaque capitaliste particulier (le crédit facilite, les allocations d’État pour les restructurations industrielles), de passer des commandes plus ou moins grandes ou plus ou moins en faveur des différents capitalistes (les commandes militaires à Dassault, le sauvetage d'Alstom etc.), de réguler d’une manière plus ou moins limitative les transferts de monnaie et de titres financiers entre résidents du territoire et non-residents, d’imposer des sanctions économiques et des boycotts commerciaux contre les producteurs d’autres pays ; d’obtenir a travers des accords commerciaux ou des compensations d’autre genre (par exemple, un soutien politique et militaire) des traitements de faveur de la part d’autres États, à leurs frontières ou sur leur territoire, pour leurs propres capitalistes au détriment des autres ; d’imposer aux travailleurs, sur le territoire contrôle par eux, des conditions salariales plus ou moins pesantes ; d’imposer a l’intérieur de leurs propres frontières, aux travailleurs et aux masses en général, une discipline plus ou moins rigide.

Tout ces pouvoir coercitifs et souverains dont dispose l’État interférent lourdement et, dans certains cas, de manière décisive, sur les dimensions de la part du gâteau de surtravail allouée à chaque capitaliste individuel. Plus la lutte entre capitalistes pour la répartition devient acharnée, plus chaque capitaliste veut que son État, et les États sur lesquels son comportement peut influer, le soutiennent aux dépens de ses concurrents. Donc, les États bourgeois deviennent de plus en plus agressifs et antagonistes entre eux. (passons aux voyages de Sarkozy en chine avec une myriades de capitalistes Français)

La crise économique, accélérée par la restructuration, aiguise la lutte commerciale entre capitalistes qui, a travers le mécanisme que l’on vient de décrire, devient guerre commerciale entre États bourgeois qui se servent de tous les moyens dont ils disposent. Et au fur et à mesure que la guerre commerciale devient, avec l’accentuation de la crise, une question de vie ou de mort pour les différents capitalistes, le recours a la guerre militaire, malgré tous les risques qu’il comporte, devient "un risque qui vaut la peine d’être encouru", ou même l’unique issue. Et, dans ce cadre, toutes les vieilles contradictions (contentieux entre États pour des territoires, contradictions ethniques, religieuses, culturelles, dynastiques, contradictions politiques et idéologiques entre groupes) se retrouvent exaltées et utilisées pour rendre ‘populaires’ des guerres qui ont leur source réelle dans l’aiguisement de la concurrence entre capitalistes, dans le contexte de la crise. La guerre entre brigands capitalistes, pour la répartition de la plus-value extorquée aux travailleurs, est alors recouverte du voile mystificateur de 'guerre pour la démocratie', 'guerre pour les droits de l’homme', 'guerre pour réparer les torts subis', 'guerre pour nos intérêts vitaux', et même 'guerre pour le socialisme' : comme par hasard préparées, déchaînées et dirigées par des États qui, a l’intérieur de leurs frontières, ont toujours nie la démocratie, les droits de l’homme, le socialisme et tout le reste,

tandis qu’ils disent combattre pour les imposer a d’autres pays.


La guerre comporte pour les capitalistes un seul obstacle, un handicap et un péril : la révolution prolétarienne, la rébellion des masses opprimées contre l’État et la classe dominante que celui-ci représente et protège...

capitalisme crise globale mondialisation culture révolution guerre civile communisme communiste maoisme OCCITANIE

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×