L'Occitània, Simone Weil et Louis Ferdinand Celine

Sur la destruction de la civilisation occitane par le ‘Nord’ et ses conséquences historiques : Simone WEIL

weil.jpgNous avons, il y a quelque jours, publié un texte de Friedrich Engels sur la soumission de la ‘France du Sud’ par la ‘France du Nord’, qui, s’il n’appelle pas à cors et à cris à la libération révolutionnaire occitane, représente au moins – à la face de bien des ‘marxistes’ – une reconnaissance marxiste du sort historique de notre peuple.

Voici un autre texte abordant la question, qui mérite d’être étudié : il est de la philosophe progressiste (‘catho de gauche’ sur la fin de sa vie) Simone Weil. Sur la base de l’étude d’un texte médiéval, celle-ci se livre en 1940 aux réflexions suivantes sur la conquista de nostre Occitània et ses conséquences historiques :


bez.jpg« Ce qui frappe tout d'abord dans ce récit d'une guerre religieuse, c'est qu'il n'y est pour ainsi dire pas question de religion. Sans doute Simon de Montfort et ses évêques y parlent trois ou quatre fois des hérétiques ; des évêques, en présence du pape, accusent les comtes de Toulouse et de Foix de les favoriser, et le comte de Foix s'en défend ; les partisans de Toulouse et le poète lui-même, à chaque victoire, se félicitent d'être soutenus par Dieu, le Christ, le Fils de la Vierge, la Trinité. Mais on chercherait vainement quelque autre allusion à des controverses religieuses ; on ne peut guère expliquer ce silence, dans un poème aussi vivant, où palpite toute une ville, qu'en admettant qu'il n'y avait à peu près pas de dissensions religieuses dans la cité et parmi ses défenseurs. Les désastres qui s'abattirent sur ce pays auraient pu porter la population soit à s'en prendre aux cathares comme cause de son malheur et à les persécuter, soit à adopter leur doctrine par haine de l'envahisseur et à regarder les catholiques comme des traîtres. Apparemment ni l'une ni l'autre réaction ne se produisit. Cela est extraordinaire.
Soit que l'on veuille louer, blâmer ou excuser les hommes du Moyen Âge, on croit volontiers aujourd'hui que l'intolérance était une fatalité de leur époque; comme s'il y avait des fatalités pour les temps et les lieux. Chaque civilisation, comme chaque homme, a la totalité des notions morales à sa disposition, et choisit. Si le père de saint Louis, comme le raconte le poème, crut servir Dieu en autorisant froidement le massacre d'une ville entière après qu'elle se fut rendue, c'est qu'il avait choisi ainsi ; son petit-fils devait plus tard choisir de même, et saint Louis lui-même aussi, lui qui regardait le fer comme un bon moyen, pour des laïques, de régler les controverses religieuses. Ils auraient pu choisir autrement, et la preuve en est que les villes du Midi, au XIIe siècle, choisirent autrement. Si l'intolérance l'emporta, c'est seulement parce que les épées de ceux qui avaient choisi l'intolérance furent victorieuses. Ce fut une décision purement militaire. Contrairement à un préjugé très répandu, une décision purement militaire peut influer sur le cours des pensées pendant de longs siècles, sur de vastes espaces ; car l'empire de la force est grand.
L'Europe n'a plus jamais retrouvé au même degré la liberté spirituelle perdue par l'effet de cette guerre. Car au XVIIIe et au XIXe siècle on élimina seulement de la lutte des idées les formes les plus grossières de la force ; la tolérance alors en faveur contribua même à la constitution de partis cristallisés et substitua aux contraintes matérielles les barrières spirituelles. Mais le poème de Toulouse nous montre, par le silence même qu'il observe à ce sujet, combien le pays d'oc, au XIIe siècle, était éloigné de toute lutte d'idées. Les idées ne s'y heurtaient pas, elles y circulaient dans un milieu en quelque sorte continu. Telle est l'atmosphère qui convient à l'intelligence ; les idées ne sont pas faites pour lutter. La violence même du malheur ne put susciter une lutte d'idées dans ce pays ; catholiques et cathares, loin de constituer des groupes distincts, étaient si bien mélangés que le choc d'une terreur inouïe ne put les dissocier. Mais les armes étrangères imposèrent la contrainte, et la conception de la liberté spirituelle qui périt alors ne ressuscita plus.
(…) Après la chute de l'Empire romain, les invasions du Nord et de l'Orient, tout en apportant une vie nouvelle, empêchèrent quelque temps la formation d'une civilisation. Ensuite le souci dominant de l'orthodoxie religieuse mit obstacle aux relations spirituelles entre l'Occident et l'Orient. Quand ce souci disparut, la Méditerranée devint simplement la route par où les armes et les machines de l'Europe allèrent détruire les civilisations et les traditions de l'Orient. L'avenir de la Méditerranée repose sur les genoux des dieux. Mais une civilisation méditerranéenne a surgi, qui peut-être aurait avec le temps constitué un second miracle, qui peut-être aurait atteint un degré de liberté spirituelle et de fécondité aussi élevé que la Grèce antique, si on ne l'avait pas tuée. Après le Xe siècle, la sécurité et la stabilité étaient devenues suffisantes pour le développement d'une civilisation ; l'extraordinaire brassage accompli depuis la chute de l'Empire romain pouvait dès lors porter ses fruits. Il ne le pouvait nulle part au même degré que dans ce pays d'oc ou le génie méditerranéen semble s'être alors concentré. Les facteurs d'intolérance constitués en Italie par la présence du pape, en Espagne par la guerre ininterrompue contre les Maures, n'y avaient pas d'équivalent; les richesses spirituelles y affluaient de toutes parts sans obstacle. La marque nordique est assez visible dans une société avant tout chevaleresque; l'influence arabe pénétrait facilement dans des pays étroitement liés à l'Aragon; un prodige incompréhensible fit que le génie de la Perse prit racine dans cette terre et y fleurit, au temps même ou il semble avoir pénétré jusqu'en Chine. Ce n'est pas tout peut-être; ne voit-on pas à Saint-Sernin, à Toulouse, des têtes sculptées qui évoquent l'Égypte ? » (« L'agonie d'une civilisation vue à travers un poème épique » (1940), dans Cahier du Sud, Simone Weil, éd. Cahier du sud, 1942, p. 105)

Née en 1909 dans une famille juive mais non-pratiquante (agnostique), Simone Weil fait partie dans les années 1920 de ces toutes premières femmes à accéder au baccalauréat, puis à l’enseignement supérieur (devenant agrégée de philosophie) ; tout en menant, parallèlement, un engagement ‘progressiste radical’ sans faille : syndicaliste révolutionnaire enseignante (l’École émancipée), sympathisante SFIC puis ‘communiste anti-stalinienne’ –proche d’abord de Souvarine (Cercle communiste démocratique) puis de La Révolution prolétarienne de Monatte et Rosmer ; elle est également une ‘établie avant l’heure’ allant, au milieu des années 1930, travailler en usine avec les ouvriers d’Alstom ou de Renault – mais ses problèmes de santé l’empêchent d’aller plus avant. Elle s’engage en Espagne dans le camp républicain (colonne Durruti, anarchiste) et évidemment, dès 1940, menacée en tant que juive et en tant qu’antifasciste, dans la Résistance : elle finira par rejoindre Londres où elle meurt en 1943. C’est à cette même époque (vers 1938) qu’elle rencontre la foi catholique et devient ‘catho de gauche’ (voire ‘catho-socialiste’) ; elle diffusera sous l’Occupation nazie les Cahiers du Témoignage chrétien (résistance jésuite progressiste). C’est à Marseille, où elle est installée avec sa famille de 1940 à 1942 (le plus loin possible de la zone occupée), qu’elle rédige le texte qui précède, dans les Cahiers du Sud.

Un parcours militant, donc, indiscutablement dans le camp du peuple, mais qui démontre très nettement un fond de pensée idéaliste, l’engagement progressiste étant vécu comme un ‘idéal’, un ‘humanisme radical’ qui trouvera son accomplissement final dans la foi chrétienne : chose dont il faut évidemment tenir compte dans notre lecture marxiste du texte (‘les idées ne sont pas faites pour lutter’ et autres affirmations qui feront évidemment bondir un marxiste). Néanmoins, celui-ci dit des choses très vraies : il perçoit, en réalité (mais de manière idéaliste), le processus matérialiste de négation de l’Occitanie (‘sommet’ civilisationnel de la Renaissance médiévale) par l’État moderne ‘France’ – ‘modèle’ d’État moderne qui se développera jusqu’aux 19e-20e siècles et deviendra l’appareil d’oppression que nous connaissons actuellement ; et par là, indirectement, la manière dont ‘l’Occitanie à un niveau supérieur’, l’Occitanie comme revendication et mobilisation révolutionnaire de masse, s’inscrivant dans la révolution prolétarienne mondiale, représente la négation de cet État ‘français’ oppresseur – négation de la négation, donc.

Car c’est bien dans cette Occitanie médiévale de haute civilisation que décrit Weil (près d’un siècle après Engels), comme dans les péninsules ibérique et italienne, qu’a émergé en premier, dès autour de l’An 1000 (près de deux siècles avant le bassin Rhin-Meuse-Escaut, qui deviendra ‘pilote’ par la suite), le capitalisme et l’État moderne semi-bourgeois en Europe : duché d’Aquitaine-Gascogne et ‘confédération’ arago-toulousaine de Languedoc-Provence ; al-Andalus ; émirat de Sicile puis royaume arabo-normand de Naples ; comté de Barcelone puis royaume d’Aragon-Catalogne ; républiques italiennes d’Amalfi et Pise, Gênes et Venise, puis Florence et Sienne, etc. Ce capitalisme et cet État moderne naissants ‘avaient’, selon Weil, ‘deux voies’ s’ouvrant devant eux – pour nous, ils n’en avaient qu’une seule praticable, par la nature même du mode de production capitaliste en accumulation primitive : la ‘république’ humaniste, libérale voire sociale, tolérante, pacifique sinon pour se défendre ; et l’État autocratique, oppressif et belliqueux-conquérant, dont les terres de ‘féodalité barbare’ (Nord de l’Hexagone, Vieille-Castille, Angleterre, Prusse et Autriche, etc.), ‘rude’ et guerrière, fournissaient le modèle approprié – soit, selon elle, la ‘matrice’ de la sombre Europe de 1940 dans laquelle elle écrit (‘minuit dans le siècle’) ; et son antithèse, qu’elle appelle de ses vœux (idéalistes) de ‘chrétienne de gauche’ passée par le ‘marxisme antistalinien’.

Mais l’antithèse de Simone Weil contient cependant, en ‘grattant’ un peu, la vérité marxiste qui guide notre lutte de longue durée : le ‘modèle’ de société et d’État semi-bourgeois qui semblait se dessiner en Europe du Sud-Ouest et qui, selon elle, ‘aurait pu’ être la racine de la ‘Cité idéale’ qu’elle souhaitait pour son époque, a été ‘tué dans l’œuf’ par le modèle capétien (‘nordiste’) d’État monarchique moderne ; ce qui, selon nous, était inévitable, car ce modèle était le modèle adapté à l’essence même du système capitaliste, particulièrement dans sa phase d’accumulation primitive. L’’idéal’ démocratique, humaniste, libéral et social de ‘gouvernance’ capitaliste a pu ensuite refaire surface, à partir du 18e siècle, au sein d’un capitalisme européen (et nord-américain) consolidé, définitivement hégémonique, mais n’en est pas moins resté incompatible avec les contradictions fondamentales du mode de production : anarchie de la production, concurrence ‘existentielle’ entre entreprises et entre États (défendant ‘leurs’ entreprises, dont ils sont les fondés de pouvoir), et bien sûr exploitation de la force de travail par le capital détenteur des moyens de production, et nécessité de réprimer la résistance de la force de travail. Un ‘idéal’ incapable, donc, d’être un ‘modèle de société’ et une ‘forme de gouvernement’ autre qu’éphémère – encore moins au stade monopoliste-impérialiste du capital. Mais portée à un niveau supérieur (sous la direction du prolétariat révolutionnaire, sa seule réalisation possible), cette civilisation méditerranéenne du début du 2e millénaire, et ce qu’elle ‘aurait pu’ devenir selon Simone Weil, n’est plus ni moins que la civilisation en route vers le communisme que nous voulons ; le projet de civilisation que nous voulons brandir face à celui de la bourgeoisie monopoliste et de sa ‘République une et indivisible’ ; car la révolution prolétarienne, en dernière analyse, ce n’est rien d’autre ni de moins que cela : un titanesque, mondial, choc des (modèles de) civilisations – dans le sens positif et progressiste du terme.

Il est souvent reproché à notre combat, par des ‘marxistes’, d’être ‘petit-bourgeois’, ‘ridicule’, et même ‘une insulte’ envers les ‘peuples qui eux luttent vraiment contre l’impérialisme’ celinze.jpg(DOM-TOM, néo-colonies, Palestiniens etc.) : de ‘quelle oppression’, de ‘quel racisme’ serions-nous après tout les victimes, sinon de ‘quelques clichés’ ? C’est oublier que, à l’époque même où Simone Weil écrivait ce qui précède, l’un des intellectuels de l’époque les plus antithétiques à sa pensée, le fasciste, pro-nazi etc. Louis-Ferdinand Céline, pouvait écrire : « La France n’est latine que par hasard, par raccroc, par défaites, en réalité elle est celte, germanique pour les trois quarts. Le latinisme plaît beaucoup aux Méridionaux francs-maçons. Le latinisme, c’est tout près de la Grèce. La Grèce, c’est déjà de l’Orient. L’Orient, c’est tout près de la Loge ; La Loge c’est déjà du Juif. Le Juif, c’est déjà du nègre. Ainsi soit-il. La bougnoulisation du Blanc par persuasion latine, par promiscuité maçonnique. La France est aryenne, pas du tout juive, pas du tout nègre. La partie solide de la France, l’anti discoureuse, a toujours été la partie celte et germanique ; la partie qui se fait tuer, la partie qui produit, la partie qui travaille, la partie qui paie est celte et germanique. Dix départements du Nord paient autant d’impôts que tout le reste de la France. La partie non-celtique en France cause et pontifie. Elle donne au pays ses Ministres, ses Vénérables, ses Congressistes hypersonores. C’est la partie vinasseuse de la République, la Méridionale, profiteuse, resquilleuse, politique, éloquente, creuse » ; ou encore « Zone Sud, peuplée de bâtards méditerranéens, de Narbonoïdes dégénérés, de nervis, Félibres gâteux, parasites arabiques que la France aurait eu tout intérêt à jeter par-dessus bord. Au dessous de la Loire, rien que pourriture, fainéantise, infect métissage négrifié »… Bien évidemment, un tel vomi réactionnaire, caractéristique de son auteur, ne représente en rien la voix de ‘la partie qui produit (et qui) travaille’, des OUVRIERS des corons du Nord ou de la banlieue rouge de Paris et des paysans de Normandie ou de Lorraine, dont il se fait hypocritement le défenseur ; mais bien et seulement la pensée dégénérée d’un intellectuel parisien décadent, pour lequel décidément, à la Libération, quatre murs c’était déjà trois de trop (il y échappa, on-ne-sait-trop comment et malheureusement). Mais n’a-t-on pas là l’illustration parfaite de tout ce que nous avons dit précédemment ?

Et cette pensée extrême (dans sa puanteur vomitive), émise dans un contexte très particulier de crise générale terminale du capitalisme, de guerre mondiale et de fascisme régnant sur l’Europe, est-elle détachable des conceptions dominantes de l’État bourgeois français qui s’exprimaient quelques décennies plus tôt, dans un contexte (celui-là) tout à fait prospère et insouciant (‘Belle époque’) : « L’homme du Midi n’est pas porté au travail régulier et intense, à l’initiative individuelle, à l’action privée ; il trouve plus commode de vivre en s’appuyant sur le groupe de la famille, des amis, des voisins, du clan, de l’État. Ce régime social développe plutôt le type du frelon que de l’abeille. Il favorise un égoïsme qui se dissimule sous les apparences menteuses de la solidarité. Son plus beau triomphe est d’avoir acclimaté en France cette politique alimentaire qui permet aux intrigants de vivre sur le budget et aux dépens des travailleurs. C’est ainsi que le Midi pousse insensiblement la France dans la voie où sont déjà engagées la Grèce, l’Italie et l’Espagne : c’est la voie de la décadence » (Edmond Desmolins, sociologue conservateur, 1898), ou encore « Au sud de la Loire, ceux qui ont prédominé appartenaient à des races d’un type social inférieur : des Latins, amalgamés à des Grecs et à des Levantins, qui ont importé les défauts de l’Orient (...) La générosité d’un climat trop doux et trop clément prédispose le Méridional à l’indolence. Il a beaucoup de peine à se défendre du lazzaronisme (...) Le Midi veut s’emparer du cerveau de nos enfants pour en faire un cerveau d’asservis, chasser de leur intelligence la fière pensée germaine et les transformer en un troupeau d’électeurs passifs et soumis (...) Dans la grande famille française, le Nord remplit le rôle du fils laborieux qui peine, produit, économise. Le Midi est le noceur et le dissipateur. (...) Trop souvent les fonctionnaires constituent chez nous l’armée d’occupation du Midi » (Dessaint, journaliste lié aux betteraviers de la Somme, 1906) ? En d’autres termes : les mots infects de Céline ne sont-ils pas susceptibles de renaître un jour dans d’autres bouches (d’égout), quand bien même il n’y aurait aujourd’hui contre les Occitans que de ‘gentils clichés’ ?

Le glissement célinien du ‘Méridional’ à ‘la Grèce’, de ‘la Grèce’ à ‘l’Orient’, de ‘l’Orient’ au ‘Juif’ et du ‘Juif’ au ‘nègre’, en tout cas, reflète parfaitement – d’un point de vue ultra-réactionnaire – le processus historique de construction de l’État/Empire ‘français’, en cercle concentriques : la soumission impériale des ‘orientaux’ et des ‘nègres’ est bel et bien un PROLONGEMENT de la construction hexagonale du royaume de France par l’annexion barbare de nostre Occitània et d’autres terres (Breizh, Corsica, Ipar Euskal Herria, ch’Nord, Alsace, Lorraine, Franche-Comté dévastée par Louis XIII etc.) ; et non un phénomène qui n’aurait ‘rien à voir’ – quant aux juifs, la constitution des États modernes, en ‘France’, en Angleterre, en ‘Espagne’ et au Portugal, en Autriche et en Prusse, en Russie, marqua partout le début de leur persécution systématique.

C’est de la conquista de nostre Occitània que l’État français moderne est né, le ‘roi des Francs’ (regnum Francorum) Philippe II Auguste devenant ‘roi de France’ (regnum Franciae). De sa libération révolutionnaire il périra.



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